Les mots de l'âme

Je serai là

14 juillet 2018
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On est le 14 juillet.
Dehors, l’océan est déchaîné. Les vagues s’écrasent contre la digue avec force et puissance. Des dizaines de jets d’eau s’élèvent dans le ciel avec la grâce colossale des geysers. La masse d’eau grise ne s’arrête pas de se mouvoir, de s’agiter.
En réalité elle respire. Elle danse avec son souffle, elle est en mouvement. Elle vit.

C’est saccadé et irrégulier. On dirait que ça se bouscule en dedans, que des forces s’opposent et se font face.
C’est violent mais c’est apaisant.
J’aime me dire que la mer aussi se laisse parfois secouer et remuer à l’intérieur. Peut-être que c’est sa façon bien à elle de lâcher prise, de rendre ses larmes à l’eau.

Le ciel pleure, lui aussi. Il déverse le trop plein d’eau qui l’habite. Il est lourd mais il n’est pas pesant.
Des tâches de ciel bleu au loin laissent présager une embellie, un nouveau souffle, une nouvelle lumière. Le soleil joue à cache cache avec les nuages mais je sais qu’il veille discrètement, prêt à jaillir, à m’envelopper de son manteau doré.
Mais le ciel n’est pas triste. Non, il se nettoie, se purifie, s’allège. Il laisse ses peines au vent.

C’est la première fois, je crois, que je suis aussi en accord avec mon environnement. Si en phase avec la nature. Aujourd’hui je ne vois pas avec mes yeux.
Je ressens. Avec mon coeur, avec mon âme.
Je vois la nature, son silence tout plein de réponses. Son formidable équilibre. Son symbolisme élévateur. Elle me donne une bien jolie leçon de guérison.
J’ai ça en moi aussi. Je le ressens si parfaitement à cet instant…

Pourtant comme le ciel aujourd’hui, je me sens un peu fatiguée. Les espoirs du coeur m’ont rattrapés. Et il y a cette fracture. Cette étrange sensation de vide qui condamne au silence quand les mots ont perdu leur sens.
Mais enfin je vois plus clair.

Les derniers restes d’une vie passée. Les vestiges de ce qui fut mon empire. Le dernier combat d’un amour un peu trop lourd.

Et je comprends. Et j’accepte.
Il faut savoir renoncer pour se libérer. Se détacher.
Laisser le vent emporter au loin les dernières chaînes qui m’attirent vers le bas. Le dernier echo de l’attente qui tue ma joie.
Je suis prête, ça y est.

Alors aujourd’hui est un jour un peu spécial, un peu différent de d’habitude. Un de ceux qui, je le sens, va me changer profondément. Un de ceux qui bouleverse et laisse une empreinte indélébile. Un de ceux qui m’ancre encore un peu plus dans le présent, qui me redonne la foi.
C’est un jour sacré.

La nouvelle lune est en cancer, le soleil aussi. C’est une invitation à la transformation, je le sais.
Face à tant de synchronicités je fais le voeu de changer les choses, de transformer mon expérience. J’ai compris.
Je fais le voeu de me choisir. De m’aimer profondément. De ne plus laisser l’expérience de l’amour me voler mes larmes. Je choisis ce qui me rend légère et me libère. Je choisis ma lumière.

Je pose l’intention de transformer mon expérience en quelque chose de plus grand. De la transcender. Il n’est plus question de me laisser tomber, de vaciller pour un seul mot, une seule pensée, un seul espoir d’incertitude. Je n’écorcherai plus mon âme et mon coeur, je ne veux plus les abimer.
Je veux guérir ma réalité.

Je n’ai plus le temps d’attendre.
La vérité est qu’il n’y a rien à sauver. Tout est là. Tout est parfait. Tout est si exactement à sa place que ça en est déconcertant.

Mon histoire est mon trésor.

Alors, je choisis la paix. Je choisis le bonheur. Sans colère, sans bien ni mal. Juste ce qui est. Je prends tout, j’accepte tout. Je transcende tout.
Au nom de l’amour je me libère de cette peau de chagrin qu’il me reste.

Je me répète ces mots comme un mantra « reste, reste, reste ».
Et je me regarde droit dans le coeur. Et je me fais cette promesse. Je me prête serment :
Dans la peine comme dans les échecs, je serai là.
Dans l’incertitude et la solitude, je serai là.
Dans les épreuves, mes déroutes, mes détours, mes errances, je serai là.

Et quand je me sentirai abandonnée, délaissée, négligée, bousculée, perdue, seule ou oubliée, je serai là aussi.
Et quand mon coeur sera cassé, mes espoirs envolés, mes rires étouffés, je serai là.
À chaque réveil, chaque souffle, chaque espoir et chaque rêve, je serai làEncore.
Dans le monde matériel et face à l’Eternel.
Dans l’amour et dans la joie. Pour me me consoler, me voir grandir et me transformer. Jusqu’à retrouver ma paix.

Je suis un miracle de particules, mon amour est une comète, mon coeur une constellation.
Et je l’offre en réceptacle. À toutes ces âmes qui risquent leur coeur sur la table pour vivre seulement : je serai là. Auprès de ceux qui restent, auprès de ceux qui aiment et tous les autres encore…au-delà des mots, au-delà de soi.

Avec amour, Clémence

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2 Comments

  • Reply Leslie 16 juillet 2018 at 5 h 24 min

    Celui ci je l’adore… ❤ ça fait du bien de te lire. Merci.

  • Reply borodine laurence 15 juillet 2018 at 18 h 00 min

    De la poésie à l’état pure, pure comme l’âme qui nous enchantes à chaque écrit ! Merci

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